Google et le Machine Learning : du Nouveau ?

Google is learning

Beaucoup d’entre vous m’ont posé la question ces derniers jours : qu’est-ce qui se passe dans la tête de Google en ce moment ?

C’est marrant, car ça vient des SEO, ce qui est compréhensible, mais aussi de mes clients, il y a clairement une incompréhension vu les fluctuations qu’on a. Moi-même, comme je le disais récemment sur Twitter, j’ai des pistes de réflexion, des hypothèses, mais balancer une vérité avec des faits, c’est compliqué.

Alors du coup, t’en penses quoi ?

La première chose que j’ai à montrer, c’est ce graphique Algoroo en plein milieu de la sortie de Penguin en mode pilote automatique en octobre dernier :

Algoroo Penguin 2016

Comme vous pouvez le constater, un fort pic rouge et ensuite toute une série de pics orange, quasiment tous les jours, à la manière d’un processus continu.

L’idée n’est pas que je parle de Penguin aujourd’hui, mais en tout cas, ce processus continu brouille en quelque sorte les pistes et un manque de stabilité est bien présent, c’est ce qu’il faut se dire.

Je peux maintenant vous montrer le graphique suivant, capturé aujourd’hui et qui montre les positionnements généraux ces derniers jours :

Algoroo mars 2017 Algoroo mars 2017 graphiqueLe premier graphique n’est pas du tout le même que pour Penguin en octobre dernier.

Cela dit, dans le deuxième graphique, on constate une très bonne stabilité au niveau des résultats à gauche jusqu’au 23 février, puis ça commence à fluctuer sévère… De belles sinusoïdes à des moments et parfois des courbes aléatoires. On notera ici le graphique des “gagnants” toute thématique, les perdants étant instable sur la période complète quasiment.

De ce fait, en regardant ça, j’en tire plusieurs conclusions :

  • Les positions changent continuellement depuis quelques jours, ce qui impacte nos performances à chacun.
  • Le système ajuste continuellement ses résultats, pour trouver la bonne combinaison.
  • Si les résultats bougent de manière aussi aléatoire, c’est qu’il y a un ou plusieurs éléments qui lui dit de faire ça.

3 conclusions, il y en a surement d’autres, mais ça ne dit pas ce qui provoque ces effets : est ce que ça vient du site tel un facteur comme le netlinking ? Le mobile ? l’AMP ? Le HTTPS ? Ou que sais-je d’autre ?

Le truc c’est que là, on a tout et son contraire et pas moyen d’isoler quelque chose de significatif pour chacun de nous.

En discutant avec plusieurs potes SEO, je me suis rendu compte que chacun avait ses problèmes. Pour l’un, ça monte il y a deux semaines, pour l’autre ça descend, pusi il y a cette fameuse date du 8-9 où ça pète fort. De mon côté, je vois parfois du desktop qui descend et du mobile qui reste stable, de l’autre, on a le site le plus pourri du monde qui rank avec son profil de liens… Incompréhension totale et j’ai lu ici et là que c’était pour beaucoup inattendu.

De là, ma solution quand on a pas de recul : je ne touche à rien, j’attends, on a pas de raison de s’être fait taper sur les doigts alors qu’on a fait notre job, ce n’est pas nous le problème.

Oui, mais c’est quoi ?

Franchement, ça peut être plein de choses, j’ai des statistiques diverses et variées, mais j’entend parler des backlinks un peu plus.

Perso, j’ai pas hésité pour sortir ma première hypothèse : “Be patient, machine is learning”. Sylvain Peyronnet a d’ailleurs déjà communiqué là dessus lors de son intervention au JDN : “Même les ingénieurs de Google ne peuvent plus comprendre le fonctionnement du moteur.”.

Vous savez, en science, il y a des effets qu’on ne sait pas expliquer. On a un truc qui se réalise, on constate qu’en utilisant telle formule ou tel outil, ça provoque les effets qu’on attendait, mais très régulièrement, il y a un ou plusieurs facteurs/effets qu’on ne sait pas expliquer. Et d’ailleurs, on s’en fout royalement la plupart du temps, car clairement, ce n’est pas le sujet d’étude, point.

Avec un moteur de recherche, c’est pareil. On ne peut pas tout prévoir, on ne peut pas tout considérer et on ne pas pas tout éviter, surtout quand on rentre dans de l’intelligence artificielle.

Ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui, Google est beaucoup plus  “dynamique” qu’auparavant, qu’il apprend de ses erreurs et qu’il y a forcément des cycles qui se forment pour mettre à jour les connaissances acquises et s’améliorer.

Je ne dis pas que le netlinking, le contenu ou tout autre facteur n’est pas responsable de ces dernières fluctuations, on trouvera probablement le pourquoi du comment, mais j’en ai déjà parlé sur le blog, je prends le parti de continuer mon job, de le faire au mieux et selon ma philosophie axée “projet”.

Si tu sais comment il faut faire un site, comment on doit rédiger, comment on devient populaire, comment on fait un réel projet… Tu sais ce que tu dois faire et je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas pour ton business.

Je prends le parti de prendre les mises à jour comme des signaux, des avis, mais ce n’est pas pour autant que je vais aller changer tout mon système pour les beaux yeux du moteur, surtout que c’est peut-être à ce moment-ci qu’il pourrait me choper.

Google est une machine fabriquée par des humains. Humains qui envoient des instructions et des informations pour alimenter sa réflexion et son travail, mais ça reste une machine !

J’ai une très grande admiration pour les gens qui, en exploitant les résultats Google, en créant des algorithmes, font des outils permettant de faire du référencement & co, mais si on y réfléchit 2 secondes, qu’est ce que cherche la machine ? Qu’est ce qu’elle cherche à analyser ? Qu’est ce qu’elle cherche à faire ? A nous imiter, à nous comprendre, pour pouvoir mieux nous aider et pourquoi pas créer, et plus encore.

Si je fais un article sur la guitare, tout mon savoir m’est propre. C’est les livres que j’ai lu, c’est mon expérience, c’est mon histoire, ce sont mes discussions et tout un panel de compétences rédactionnelles et élémentaires qui font que je vais écrire d’une telle ou telle manière un article.

Google, si demain il est intelligent comme nous et qu’il comprend tout, il va emmagasiner mon article et ne pourra pas vérifier sa véracité, sauf s’il a d’autres supports sur lesquels s’appuyer pour comparer les connaissances et vérifier la véracité de mon document.

On donne tous nos savoirs sur internet via nos sites, nos blogs, nos images, nos vidéos, etc… Faire du calcul tout plat c’est merdique quand on a trop d’informations à vérifier et qu’on a trop de problèmes à gérer. Qu’est ce que vous feriez si vous étiez chez Google ? Moi, je ferais un truc se rapprochant du cerveau humain, pas toi Fred ?

C’est peut-être lié au black hat, c’est peut être lié au HTTPS, c’est peut être lié au mobile first, c’est peut être lié à Penguin et aux liens, c’est peut être le fait qu’on change l’assimilation des comportements… on en sait rien… mais on sait que c’est quelque chose de beaucoup plus dynamique et de beaucoup plus “intelligent”, qu’il faut prendre du recul.

Petit exercice pour exprimer cette dynamique. C’est simple, mais ça parle.

Tape le début de “tarte” sur Google SANS faire entrée. Il va te proposer de la tarte au citron, à la pomme, etc dans Suggest.

Maintenant, force-le à apprendre que TOI, tu aimes le chocolat et tapes “chocolat” + entrée.

Retourne taper le début de “tarte”, ou de “gâteau”, ou de “tablette”. Bienvenue à la chocolaterie.

Cette notion de dynamisme, de compte Google dynamique, d’interaction dynamique, etc… Est présent de plus en plus et on a besoin d’agir autrement pour arriver à faire des trucs pareils. Il faut penser dynamisme, car le web est dynamique, point.

Regardez ce petit tool, idiot mais qui pourra vous faire voir le début de l’envers du décor possible : http://corenlp.run

Gardez ça à l’esprit, demain, si Google change tout, on y pourra pas grand chose et même le meilleur des référencements pourra y passer, quelque soit la technique. Ça n’a pas forcément quelque chose à voir avec vous, il faut vivre avec son temps et ses envies.