Faire du SEO = Rattraper les bêtises ?

Comme la plupart d’entre vous le savent, le métier de référenceur est très large. Nous avons à effectuer des audits, des recherches de mots-clés, des optimisations techniques, de contenu, etc. Mais pourquoi sommes-nous si polyvalents ? Pourquoi sommes-nous obligés de travailler avec plusieurs corps de métier ?

C’est par l’intermédiaire de ces questions que j’ai voulu poser la réflexion suivante : Notre métier de SEO est-il finalement de rattraper les conneries des autres ?

Comme j’en vois déjà certains qui se sentent un peu mal à l’aise avec ce sujet, je vous rassure en vous disant que je vais essayer d’expliquer tout cela d’une manière objective et indulgente. En effet, il est un petit peu risqué de débattre à ce sujet en règle générale. Critiquer le travail des uns et des autres n’est pas respectueux, est déplacé, et plus encore. J’en ai conscience.

Sachez juste que je ne juge personne et que de toute façon, j’ai prévu quelques explications qui devraient apaiser les esprits ;)

Ce que nous faisons

Avant de réfléchir à cette fameuse question, j’aimerais revenir sur ce que nous faisons. En effet, nous sommes tous différents et je conviens bien que chaque référenceur à ses propres méthodes, objectifs, etc. Je prendrai donc un cas assez généraliste.

Tout d’abord, nous auditons les sites de nos clients. Nous regardons notre petite check-list et nous vérifions chaque point du site : les titres, les URL, la qualité du contenu, etc. Nous sommes en quelque sorte ici pour déceler ce qui ne va pas, ce qui n’a pas été optimisé ou effectué. Cela peut être dû à un oubli, une erreur de conception, ou autre.

Ensuite, nous avons ce travail d’optimisation et d’accompagnement. Nous conseillons les corps de métier de l’entreprise afin qu’ils puissent optimiser et/ou corriger les points ressortis durant l’audit. Parfois, il nous arrive même d’optimiser ces points tous seuls. Si l’on va à l’extrême, cela veut simplement dire : “J’ai trouvé une des bêtises faites il y a quelque temps par votre équipe, maintenant on la corrige”.

Après, nous faisons plusieurs autres choses restant purement dans l’univers du SEO. On peut parler de certains aspects du linkbuilding, de l’ajout de certaines balises, ou encore du processus de consulting en lui même. Dans cette catégorie, il y a moins de choses que dans les autres.

Ce que je veux souligner, c’est que le référenceur est principalement basé sur d’autres métiers, nous effectuons généralement des prestations basiques d’administrateur système, d’ergonome, de développeur, de rédacteur, de marketeur, ou autre. Nous évoluons d’ailleurs avec les nouvelles pratiques de chacun.

Finalement, cela veut dire que nous sommes surtout là pour optimiser ce qui n’a pas/ou mal été effectué par les services ou les prestataires d’une entreprise ( mais cela se discute bien entendu).

Sommes-nous des réparateurs ?

Maintenant, sommes-nous des réparateurs en soi ? Faire des audits afin de déceler des problèmes pour ensuite corriger les bêtises des uns et des autres est-il du rattrapage de connerie ?

Et bien, je pense qu’en majorité oui. Non pas que je veuille me faire des ennemis, mais c’est un peu comme un garagiste. Il regarde ce qui se passe, vous dit ce qu’il faudrait faire sur votre véhicule, et répare.

Sauf que chez nous, cela dépend de plusieurs métiers et du fait de faire un bon boulot. En effet, l’ensemble des métiers du web est en général beaucoup plus permissif qu’un autre.

Par exemple, le mécanicien, s’il fait mal son boulot, ça va se voir assez vite, le véhicule ne va pas fonctionner, la pièce va s’user prématurément ou autre. Dans les métiers du web, beaucoup de choses ne se voient pas. L’une des choses qu’on entend souvent dans le monde du développement par exemple, c’est “tant que ça marche, ne touche plus à rien”. Pas trop d’accord avec cette phrase, mais bon, passons.

Là où je veux en venir, c’est qu’un développeur confirmé est censé faire une belle architecture, un rédacteur est censé savoir écrire des beaux textes et connaître les règles de son art.

Après, il est clair qu’on ne peut pas en vouloir à chacun, tout le monde a le droit à l’erreur et à une excuse. De plus, généralement, c’est l’envers du décor qui nous pousse à faire de mauvaises choses. Par exemple :

– Il y a ceux qui sont sans cesse sous la pression de leur dirigeant : “Fais vite que ça ne me coûte pas cher” (Et vas y que je te mets le même code partout, ctrl-c, ctrl-v avec peu de vérifications).

– Il y a ceux qui sont en déprime : “J’en ai marre de ce boulot, je reste ici seulement pour mes enfants, même si c’est un tyran le patron” (Mode lent et bâclage activé).

– Il y a ceux qui ignorent : “Voilà ! J’ai presque fini le boulot ! Plus qu’à mettre la balise FONT et c’est bon !” (Pas le temps de se mettre à jour ou pratique ancienne).

– Il y a ceux qui voudraient bien faire, mais qui n’ont pas les moyens : “Rooh, il me les brise cet outil, vivement qu’on passe sur un meilleur truc, je peux rien faire” (Outil limité qui ne permet pas un épanouissement et/ou un bon résultat de l’employé).

– Il y a ceux qui sont incompétents : “Chère M.X, nous avont biens notée votr’eux problèmes. La personnes n’as effectivements pas faix preuve de sérieusité” (Ca existe quand même bien évidemment, le monde n’a pas que des lumières).

Et c’est sans parler des stagiaires qu’on ne forme pas, qu’on met sur des projets de fou directement alors qu’ils sont là pour apprendre et prendre de l’expérience.

En clair, ce n’est pas souvent la faute des gens en soi, ou très rarement. C’est plutôt la société et le monde actuel qui veut cela, mais c’est comme ça.

Donc oui, nous sommes de manière générale des réparateurs, des conseillers en réparation, appelez cela comme vous voulez. Mais c’est bien souvent une histoire de coût à la base. Les entreprises n’arrivent pas à prendre le temps et l’argent pour former leurs employés, leur laisser des délais supplémentaires ou autre. C’est comme ça, il faut l’accepter.

Mais bon, entre nous, c’est tant mieux car si tout était parfait, nous n’aurions pas de boulot et nos clients non plus ;)

Conclusion

En conclusion, je dirai donc que oui, en tant que consultant SEO, on doit rattraper les erreurs des uns et des autres, faire des états des lieux complets, conseiller les corps de métier en plus de nos optimisations pures, mais c’est pour avancer vers quelque chose de viable pour les visiteurs et l’entreprise en elle même.

De plus, on s’ennuierait avec nos pauvres critères ne rentrant ni dans le métier d’administrateur système, ni de développeur, ni de rédacteur, ni de webmarketeur ou d’ergonome… On n’aurait pas un métier si polyvalent, enrichissant et passionnant. Bref, restons comme ça !

Commentaires

      Christian Méline

      says:

      Clairement, c’est la partie la plus ingrate du job.
      Par contre, c’est une très bonne formation qui amène à t’interroger sur plein de choses.

        Thomas Cubel

        says:

        @Christian Méline : Merci pour ton commentaire. C’est clair que cette partie n’est pas la plus marrante. Une fois qu’on a fait 3-4 fois les même choses, on tourne rapidement en rond. A nous de faire en sorte que ce soit plus marrant ;)
        Pour le fait de m’interroger sur beaucoup de chose, je suis quelqu’un de très cérébral de manière générale, j’essaye d’aller toujours plus loin, de regarder en profondeur chaque chose. Bon parfois, je dois avouer que ça handicape un petit peu, mais c’est comme ça.

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